Histoire de Combas2000 ans d'histoire

Entre Méditerranée et Cévennes, à quelques pas du Vidourle et quelques enjambées du Gardon, entre vignes et garrigue, Combas a su se maintenir à distance de Nîmes alors que Montpellier, sans en avoir l'air, s'en approche à petits pas.
Adossé à un coteau, le village s'étire vers une plaine couronnée de collines boisées. De la plus haute, le Mistral, s'il veut bien se faire votre complice, vous permettra de découvrir d'un coup d'oeil panoramique, le reflet de la mer, les massifs de l'Aigoual et du Mont Lozère et enfin la silhouette blanchâtre du géant de Provence.

L'histoire de Combas remonte haut dans le temps. Les recherches archéologiques entreprises notamment dans les bois de Lens ou les puits du Roc et de Prouvessat témoignent d'un habitat continu à partir du néolithique autour de ses puits, sources et résurgences. Les gallo romains puis les sarrasins s'étalèrent sur tout son territoire, les populations se regroupèrent autour de l'église fortifiée au moyen âge. Bien malgré lui, le village, à l'instar de tout le Languedoc, dut se résigner à la maxime féodale « Nulle terre sans seigneur ». Seule la croisade et l'inquisition l'y ont forcé. Toutefois les jansénistes eurent tôt fait de murmurer quelques velléités contestataires, et le fief catholique eut tôt fait de se métamorphoser en place forte des camisards dès le début des guerres de religion.
Combas, entre autres villages, se vit projeté au cœur de l'âpre combat qui embrasait la Cévenne pauvre et rude contre Nîmes. La révolution mit un terme définitif aux querelles : liberté de conscience et tolérance apaisèrent les belligérants. Ces derniers n'en condamnèrent pas moins le château, comme pour effacer quelque passé honteux, à être démantelé jusqu'à la dernière de ses pierres, dont on ne retrouve que quelques vestiges épars intégrés dans d'autres constructions. Une atomisation qui a relégué tout un pan d'histoire à un vulgaire souvenir oral étayé de quelques lignes d'archives.

Cette volonté farouche de redonner sa juste place à chacun prend forme sur la place centrale où se côtoient désormais une pseudo Marianne au chérubin, une croix de mission et un curieux arbre de la liberté en p ierre de Pondres surmonté d'une effigie aux attributs énigmatiques (équivoques ?). Une telle cohabitation fait grincer quelques dents, tel est le prix du retour à la quiétude.
De tout temps, les habitants ont su tirer profit de la plate forme karstique des bois de Lens, allongée du Gardon au Vidourle. Ce massif est aussi un sanctuaire de la biodiversité abritant quelques espèces végétales de plonger sur la plaine fertile qui borde le village.
L'ensemble harmonieux a probablement inspiré aux générations anciennes la sérénité qui s'est peu à peu forgée entre Cannac et Cambouvier.

 

Origine du nom de "Combas"

Extrait de l'ouvrage "Les noms de lieux du Gard" de Jean-Marie Cassagne & Mariola Korsak

COMBAS, commune de Saint-Mamet. – Villa quam vocant Combatio, in vicaria Valle-Anagia, 931 (cart. De N. D de Nîmes, ch.121) – Villa Combatis, 1099 (cart. de Psalm.) – Villa de Cumbas, 1185 (ibid.) – Villa de Combaz, 1223 (généal. des Châteauneuf-Randon) - Combassium, 1384 (dénombr. de la sénech.) – Locus de Combatio, 1461 (reg.-cop. De lettr. Roy. E. IV, f° 21). – Le terroir de Combas-et-Cannac, 1616 (arch. commun. de Combas). – Le prieuré Sainct-Brès de Combas, 1620 (insin. eccl. du dioc. d'Uzès). – La communauté de Combas, 1620 (arch. Départ. C. 1298). Combas, avant 1790, faisait partie de la viguerie de Sommières et du diocèse d'Uzès, doyenné de Sauzet. – Le prieuré de Saint-Brès de Combas était uni à la mense capitulaire de N.D. d'Aigues Mortes ; la vicairie était à la présentation du prieur et à la collation de l'évêque d'Uzès. – On comptait 6 feux à Combas en 1384. – On remarque sur le territoire de cette commune une ancienne tour, vulgairement appelée la Tour des Sarrasins. – Combas porte : d'or, à une fasce losangée d'argent et de geules.

Cannac, vill. Auj. détr. Cne de Combas. – Canniacum, 1384 (dénombr. De la sénéch.). – Territorium et jurisdictio de Canniaco, 1469 (arch. Comm. De Combas). – Le terroir de Combas-et-Cannac, 1616 (ibid.).

Cannac, qui était vers la fin du XIVe siècle, une communauté peu considérable, puisqu'elle n'est comptée que pour un demi-feu dans le dénombrement de 1384, doit avoir été, vers la fin du XVIe siècle, absorbé par la communauté de Combas. – La transaction de mars 1616 dit positivement : « le territoire et juridiction de Cannac, pour lors incluz et uni avec la juridiction de Combas ».

 

Généralités sur l'histoire de Combas

Recherches autodidactes d'un élu municipal

COMBAS remonte haut dans l'histoire :

Il y a sur son territoire une tour dont on porte l'origine à la présence des Sarrasins.

Il est question de COMBAS dès 879 sous Louis III et Carloman dans une charte de l'Eglise de Nîmes. Carloman, fils de Louis le Bègue et frère de Louis III.

Il est fait mention de COMBAS en 1090, sous Philippe Ier, fils d'Henri Ier et d'Anne de Russie, sous le nom de « Villa Combatis ».

Et en 1185 sous Philippe II, fils de Louis VII et d'Adèle de Champagne sous le nom de « Villa de Combas ».

Dans la plaine de COMBAS, des champs romains ont sans aucun doute existé, d'où appellation des quartiers « Camp Bouvier », Camp de Gille ». Dans ce dernier lieu, des vestiges, dont une stèle romaine classée monument historique, ont été recueillis au musée de Nîmes.

Au Nord de la route nationale 99, des tombeaux anciens ont été mis à jour, certains de l'époque Sarrasine. Dernièrement, a été mis à jour un tombeau recouvert d'une dalle provenant d'une porte de villa romaine. Ainsi tout donne à penser que les Romains avaient créé une communauté établie vers la source du Roc (pas de précision pouvant le confirmer de façon certaine).

Le premier fait important de l'histoire de COMBAS fut en 1364 sous Charles V, la construction de fortifications pour s'opposer aux attaques des Grandes Compagnies (bandes de mercenaires étrangers qui, pendant la Guerre de Cent Ans, ravagèrent la France) qui ravageaient et pillaient les environs.

Deux siècles après, ces fortifications furent utilisées par les Huguenots qui s'y retranchèrent. Le Chevalier Jacques de St André, Maréchal de France, un des principaux chefs du parti catholique au début des guerres de religion, gouverneur d'Aigues-Mortes, fut obligé d'éviter COMBAS en allant au secours d'Alais (Alès) bloquée par les religionnaires. Lorsque à son approche ils s'éloignèrent, il revint avec 4000 hommes de pied et 300 chevaux, mettre le siège devant COMBAS qu'il emporta d'assaut le 29 juin 1562.

 

Seigneurie de Combas

A la fin du 13ème siècle, la Seigneurie appartenait à la famille Bermond du Cayla, Baron de Combas. Il fut reconnu comme Seigneur de Boucoiran et autres lieux. Il était un descendant de la famille de Méozaque. Un mariage apporta toute cette seigneurie à la fin du 15e siècle dans la maison de Bozine d'Aubais. Louis de Pelet fut aussi baron de Combas ainsi que J.B. Pons de Roux, Commandant de la garde nationale sous l'Empire et la Restauration. Marié en 1797 à Madeleine de Payan.

L'église est du style roman de la deuxième phase et remonte au 12e siècle.

Les chapelles latérales furent construites en 1856 sur l'emplacement de l'ancien cimetière.

 

L'horloge

En 1755, Monsieur l'Intendant permet aux consuls l'achat de l'horloge au prix de 400 Francs ; il autorise la construction de la tour et les réparations à l'église.

 

Momument aux morts

Le 22 Février 1920, le Conseil Municipal décide la démolition du four communal et sur cet emplacement s'élèvera le monument aux morts de la guerre 1914-18.

 

Carte géologique de Combas

Situation Générale : la commune de COMBAS est bornée au nord par Crespian et St Mamert, au sud par Fontanès et Souvignargues, à l'ouest par Fontanès et Vic le Fesq et à l'est par Montpezat.

Le territoire a la forme d'un rectangle allongé dont le grand axe est dirigé nord-sud. La plaine se situe à l'est et au sud du village, elle est limitée au nord par la nationale 99 d'Aix à Montauban. Au nord se trouve une série de collines dont l'altitude varie entre 200 et 300 mètres.

Formation géologiques : les terrains de la commune procèdent de 2 formations géologiques :

  • la première, située au nord et à l'ouest du village dérive du néocomien (état géologique qui constitue la base du crétacé, nature de la craie) : c'est la partie des bois.
  • la formation lacustre englobe toute la partie restante de la commune. Cette formation appartient au terrain tertiaire (étage plus récent avant l'ère actuelle).

 

Démographie

Pendant un siècle de 1831 à 1931, la population a diminué de 154 habitants.

1831 : 571 habitants

1881 : 469 -

1931 : 417 -

1968 : 282 -

1991 : 383 -

 

COMBAS remonte haut dans le temps. Peu d'écrits sur son passé nous sont parvenus, mais son plus beau livre d'histoire demeure enfoui dans sa terre, quoiqu'au fil des ans de nombreuses pages en soient arrachées.

Les Néolithiques (vers 3000 ans avant J.C), peuple de pasteurs-paysans, s'installent en de nombreux points du terroir. Ils seront les premiers à modifier l'environnement. Pendant trente siècles jusqu'au début de notre ère, vont se succéder différentes civilisations. Le Chalcolithique avec la culture de Fontbouisse est bien représenté. Plus tard, à l'âge du fer, cinq siècles avant que César n'achève ses conquêtes, nos lointains ancêtres n'hésiteront pas (mais intermédiaire oblige) à commercer le produit de leurs terres avec le monde Etrusque et Phocéen. Les restes d'amphores de ces contrées du monde méditerranéen témoignant de leur goût pour les boissons fermentées.

Sous le signe de l'empereur Auguste, tout au début du 1er siècle, la Gaule soumise se plie aux exigences des vainqueurs. Sur le sol de notre petit pays, va se développer une très forte implantation humaine. Qui étaient ces hommes ? Indigènes, déportés, légionnaires vétérans, le mystère demeure. Dès cette époque, la plaine est totalement mise en culture, probablement cadastrée et un grand nombre d'habitations voient le jour sur toute son étendue. Sans doute temps d'abondance et de splendeur, mais qui suivront les aléas de l'Empire Romain. De nombreux vestiges de cette civilisation nous sont parvenus : mobilier culinaire, autels culturels, stèles, sépultures, monnaies, etc. certains, hélas, perdus à tout jamais. Ils nous permettent de comprendre et d'étudier la vie pendant ces périodes de prospérité, alors que s'écroule la puissance de Rome et que les envahisseurs déferlent sur la Gaule. Vers le 5e siècle, l'habitat se concentre en trois ou quatre points. Les anciens dieux sont abandonnés, la civilisation chrétienne va désormais s'intégrer à l'histoire. Il nous faudra attendre le 11 novembre 879 où pour la première fois, il est fait mention de « COMBATIO » dans une vente établie entre Engelvin et sa femme Archimberge au profit de Gilbert, évêque de Nîmes. A cette époque, les habitants se sont probablement regroupés en partie sur l'emplacement du village actuel, un petit sanctuaire païen, puis chrétien, ayant peut-être précédé l'église romane que nous connaissons.

En l'an 1099, dans une bulle d'Urbain II, la « VILLA COMBATIS » et le bénéfice du prieuré St Brice sont confirmés au profit du monastère de Psalmody. L'abbé de celui-ci est donc le premier seigneur connu du territoire de COMBAS. Les nombreuses bulles qui suivent le confirment. En 1185, l'abbaye vend la seigneurie de « CUBAS » à Pierre de Ribaute. A la fin du 13e siècle, Bertrand de Mézoague possède celle-ci et au 14e siècle, elle passe par mariage aux Bermond. Le dernier du nom, Pierre de Bermond, testa le 23 décembre 1521 et voulu être enterré dans l'église St Brice de Combas. La seigneurie passe alors à la maison de Narbonne Pelet jusqu'en 1789 et disparaît à la Révolution.

Au cours des siècles, le village a subi bien des vicissitudes en 1364, ordre est donné d'agrandir les fortifications, l'église avec sa partie haute, porte l'empreinte de ces époques troublées ; la tour des Sarrasins, connue par tradition orale et démolie vers les années 1850, devait être à l'époque un puissant bastion de construction très ancienne. Deux siècles plus tard, ces fortifications, embellies pendant la Renaissance, comme le témoignent encore des vestiges épars, utilisés par les Huguenots qui s'y retranchèrent, sont prises d'assaut le 29 juin 1562 par St André et réduites à l'état de ruines.

Cent ans plus tard, en 1653, COMBAS est anéanti par la peste et au début du 18e siècle, comme toute la contrée, paie son tribut à la guerre des camisards. La tourmente révolutionnaire passe sans problème et pendant les deux siècles qui le conduisent à notre ère industrielle et l'éloignent de ses traditions languedociennes, il connaît, comme tant de villages de France, ses heures de joie mais aussi de misère et de malheur.