Histoire de Combas2000 ans d'histoire

Extrait de l'ouvrage "Eglises oubliées du Bas Languedoc" De Pierre Albert CLEMENT

Montpellier 1989, réédition 1993, p.72

SAINT BRICE DE COMBAS

La bulle d'Urbain II cite, parmi les bénéfices de Psalmodi, in diocesi uticensi in loco de valle Cumbas, ecclesia. S. Bricci. Il s'agit de Saint Brice de Combas qui était installé près de l'intersection de la draille venant de Psalmodi par Souvignargues et de la voie romaine de Nîmes à Rodez.

L'église a été très remaniée, surtout à l'intérieur où une voûte d'ogives a remplacé la voûte romane et où un enduit peint dissimule le parement.

A l'extérieur, on remarque l'appareil très soigné et surtout une fenêtre à double ressaut avec tore, colonnettes et chapiteaux à feuillages. Dommage que l'on ait eu l'idée saugrenue de la faire traverser par le tuyau d'un poêle à mazout.

 

Extrait d'un article de la revue « Cévennes Magazine»

Corinne POTAY – n° 967 / 968 de janvier 1999

Quant au prieuré de Combas, il est placé sous l'invocation de Saint Brice depuis le haut Moyen Age. Nous ignorons la date exacte de sa fondation, mais on constate qu'il est cité dans une bulle d'Urbain II (pape de 1088 à 1099, il est à l'origine de la première croisade, en 1095) parmi les bénéfices de l'abbaye de Psalmodi à la fin du XIème siècle : « in diocesi uticensi loco de valle Cumbas, ecclesia S. Bricci », c'est-à-dire, « au diocèse d'Uzès, dans la vallée de Combas, églice Saint Brice ». Bien que l'église ait subi plusieurs campagnes de travaux à travers les siècles, elle conserve une partie de son infrastructure d'origine. Celle-ci laisse supposer que l'édifice a dû être bâti au tournant des XIè et XIIè siècles : parmi les éléments remontant à cette époque, on remarque l'appareil de pierre, de petit module, mais très soigneusement taillé et agencé avec des joints d'une extrême finesse, ce qui rappelle tout à fait les techniques romaines ; autre élément typique, la baie dominant l'entrée, avec son encadrement à double ressaut, tore (ou moulure en boudin), et colonnettes) chapiteaux feuillagés. Pierre A. Clément (cf. bibliographie) a montré que le choix de l'emplacement choisi pour sa construction n'est pas anodin : elle s'élève en effet aux abords du carrefour formé par la draille venant de Psalmodi via Souvignargues et par le chemin menant de Nîmes à Rodez – voie d'origine romaine. On peut penser que tout autant que la présence d'une villa antique, celle de cet important carrefour routier a favorisé la formation du village. Selon un processus habituel en semblables circonstances, la chapelle du prieuré a bientôt fait office d'église paroissiale de la localité.