Histoire de Combas2000 ans d'histoire

Mémoire de MAÎTRISE D'HISTOIRE DE L'ART - octobre 2003
Université Paul Valéry MONTPELLIER III

 

LES ÉGLISES FORTIFIÉES DU BAS-LANGUEDOC ENTRE LE XIIème ET LE XVème SIÈCLE
ETUDE PARTICULIERE DES TOURS ET DES CLOCHERS

 

Marie-Chantal L'HUILLIER

Sous la direction de Géraldine MALLET, Maître de conférences
Françoise ROBIN, Professeur
Jean-Pierre SUAU, Maître de conférences

 

Situation

  • Département : Gard
  • Arrondissement : Nîmes
  • Canton : Saint Mamert du Gard
  • Commune : Combas
  • Diocèse : ancien diocèse d'Uzès, depuis 1790 diocèse de Nîmes

  

Historique

Le village de Combas était fortifié et possédait un château dont l'église Saint Brice constituait la chapelle castrale.

Cette église est citée par la bulle d'Urbain II parmi les édifices de Psalmodi

Aucune information n'a pu être retrouvée sur les étapes de sa construction mais l'église a été plusieurs fois remaniée. La nef date du XIIème siècle (second style roman). La tour clocher actuelle a été construite au XVIIIème siècle, les deux chapelles latérales au XIXème siècle.

L'église vient d'être restaurée (1996-2000).

 

Description

C'est une église à nef unique de deux travées et une travée de chœur, terminée par une abside semi-circulaire. Les travées sont séparées par des arcs doubleaux.

L'abside est surbaissée par rapport à la nef.

Deux chapelles latérales, rajoutées sur la première travée de la nef, constituent un transept.

La nef mesure 19m par 8m et le transept 6m par 18m.

A l'ouest de la nef a été ajoutée une tribune à laquelle on accède par un escalier intérieur situé à l'angle nord-ouest.

L'entrée primitive était au sud, l'accès actuel se situe à l'ouest.

Extérieurement, la nef est très haute (environ 15m), le chevet est très complexe et a connu divers remaniements.

 

La majeure partie de l'église est construite en grand appareil régulier. Les murs au-dessus de la voûte sont réalisés en moellons de pierre.

Les murs ont une épaisseur de 1,80 m.

 

Eléments défensifs

Conditions historiques des fortifications :

Selon P.A. Clément, l'église a été fortifiée au cours du XIVème siècle comme la plupart des autres édifices religieux de la région.

P. Carbonnel conforte cette période pour la mise en défense. On remarque en effet que le mur de façade nord, à gauche de l'entrée, semble appartenir à un ouvrage de plus grande dimension, qu'il faut peut-être rapprocher de ce qu'une chronique de 1703 appelle la « muraille de l'église » ; cette muraille faisait partie des anciennes fortifications édifiées sous Charles V vers 1364, formant une forteresse utilisée pendant la guerre de Cent ans.

Les fortifications de l'église furent utilisées jusqu'au XVIIIème siècle puisque les Huguenots s'y retranchèrent.

 

Eléments de fortifications :

La nef et l'abside ont été surélevées comme en témoigne la différence d'appareil bien visible tout autour de l'édifice et entourées d'un parapet crénelé dont on voit encore les traces.

Les combles ont été aménagés pour la défense :

  • La nef possède une salle supérieure ou tout au moins une galerie interne, sorte de chemin de ronde intérieur ; ceci est attesté par les ouvertures visibles en dessous du toit, sur le pourtour de l'édifice (sur le mur nord : deux ouvertures carrées un peu plus grandes et une troisième masquée par une bretèche [cf. photo] ; cette bretèche se situait au-dessus de l'ancienne entrée de l'église.

Il est à noter que l'accès au clocher n'est possible que par cette galerie supérieure de la nef.

  • Le chevet comportait également une salle haute à laquelle on accédait par un escalier extérieur situé à l'est ; des archères sont visibles sur la partie supérieure de la nef dominant le chevet [cf. photo] ; on aurait retrouvé récemment dans le cadre de la restauration une amorce d'escalier partant de l'intérieur (côté sud de l'abside) qui constituait un accès interne aux salles hautes à une certaine époque.

On observe trois types d'archères sur l'édifice :

  • archère simple sur le chevet
  • archère à étrier sur la bretèche
  • archère transformée en canonnière, arrondie à la base, sur le chevet.

Ceci témoigne des aménagements successifs et du rôle prolongé de l'édifice dans la défense.

P. Carbonnel rapporte qu'un puits d'eau potable se trouve à l'intérieur de l'église au sud-ouest de la nef.

 

Organisation de la défense :

La défense était classique, reposant sur la recherche de la hauteur et s'intégrant dans la défense du village. Le côté nord de l'église était particulièrement renforcé car c'est de là qu'arrivaient les assaillants.

 

Tours et clochers

L'église possède actuellement un clocher tour avec une seule arche, situé au dessus de la façade ouest, légèrement excentré. Ce clocher a été récemment refait.

Aucune information concernant l'aspect du clocher primitif n'a pu être retrouvée ; toutefois, son rôle dans la défense est probable, dans la mesure où l'accès se fait par la salle haute fortifiée du chevet.

 

Rôle de défense

Selon P. Carbonnel, l'église fut prise et occupée tour à tour par les troupes catholiques et les troupes huguenotes.

Le 5 Juin 1703, 300 camisards commandés par Dayre et guidés par un ancien catholique, arrivèrent à la tombée de la nuit. Ils pénétrèrent dans l'église par une brèche, encore visible sur la face nord et brûlèrent tout ce qui pouvait l'être. Les dégâts furent évalués à 397 livres 2 sols. L'armée royale commandée par le Comte de Broglie bombarda l'église. Le mur a gardé les traces de ce bombardement qui détruisit la partie supérieure du bâtiment.

 

Bibliographie

  • CLEMENT Pierre Albert, Eglises romanes oubliées du Bas Languedoc, Montpellier, 1989, rééd. 1993, p. 72.
  • Notes de P. Carbonnel, Curé de Combas, 1933.